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La pollution de l’air change de visage

Petit rappel des faits : la chimie atmosphérique provoquant la création d’aérosols à effet de serre important requière la présence de composés organiques. Traditionnellement, ces composés proviennent des transports et de l’usage de produits dérivés du pétrole. Cependant un changement majeur de cette pollution est en train de se produire aux Etats-Unis.

L’introduction des VOCs

Nous appelons ces composés organique les VOCs (pour Volatile Organic Compounds, soit composés organiques volatiles). Et, malheureusement pour la qualité de notre air, il s’avère que leur concentration est bien plus élevée que prévu (aux Etats-Unis). Cela est dû à un acteur auquel les scientifiques n’ont pas pensé : les ménages. Les VOCs proviennent bien plus des produits de consommation que des transports. Un retournement majeur de notre compréhension de la pollution, en somme.

Cela bouscule les méthodes de recensement de la pollution de l’air et modifie les prédictions scientifiques sur l’évolution de cette pollution. Il est « facile » de prévoir la pollution provoquée par une usine, par le secteur des transports ou bien même par les végétaux qui produisent également des VOCs lorsqu’il fait chaud. Mais il est bien plus compliqué de prévoir cette pollution lorsqu’elle est due au produits de consommation.

Celle-ci dépend notamment de la fréquence à laquelle les habitants ouvrent leurs fenêtres, période d’échange entre l’air intérieur et extérieur. Un comportement aussi basique est un exemple d’a quel point il est difficile d’estimer la production des ménages de VOCs.

Pourquoi les VOCs posent-ils autant de problème?

Avant de parler des problèmes, parlons du positif. Les Etats-Unis agissent déjà contre les VOCs. Il existe en effet des lois régulant la production de ces composés par les usines et le secteur du transport, cela aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe. Cependant, il parait difficile de faire la même chose pour les ménages.

Une autre difficulté posée par les VOCs est leur complexité. Il en existe de toutes sortes, à la durée de vie et à l’action extrêmement variable. Allant de plusieurs mois de présence dans l’atmosphère a quelques minutes, les VOCs ont la propriété de pouvoir s’oxyder plusieurs fois, produisant inévitablement du CO2 et de l’eau.

Un exemple alarmant

Pour prendre un exemple extrême, laissez-moi vous présenter l’isoprène, de formule chimique C5H8. Les estimations sur ce composé sont que son oxydation implique 1928 étapes et 602 espèces organiques intermédiaire avant que du CO2 et de l’eau soient finalement formé. Cela veut dire que, pour étudier son impact réel sur la pollution et sur l’atmosphère, il faudrait étudier chacune de ces 602 espèces. Un travail de titan.

Comment la science peut retourner la situation?

Nous pouvons cependant nous permettre de rester optimiste. Les avancées scientifiques en spectrométrie permettent, par exemple, d’obtenir des données particulièrement précises concernant la concentration de ces VOCs dans l’air. Les auteurs de l’étude scientifiques parue sur Science estiment que les VOCs présent dans notre air peuvent être au nombre de 10 000. Ce qui n’est pas au-delà des capacités des instruments de plus haute technologie. De plus la prise en compte de ses VOCs va ouvrir la voie à l’étude de l’air intérieure, délaissée par le passé.

Ainsi, même si ce retournement de la pollution atmosphérique montre la situation sous un jour plus sombre, il faut toujours se réjouir lorsque que l’on avance. Plus nous connaîtrons les problèmes auxquels nous faisons face, plus il sera facile de se mobiliser contre.

Source :

Science

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