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La moisson de carbone : nouvelle réponse au réchauffement climatique ?

Suite à la COP21 de Paris en 2015, toutes les solutions sont les bienvenues pour essayer d’atteindre l’objectif de garder le réchauffement climatique en dessous de 2°C. Cependant, les chercheurs affirment qu’il n’est plus suffisant d’arrêter les émissions de carbone, mais qu’il faut également mettre en place des NETs (« Technologies d’Émissions Négatives »), le but étant que ces nouvelles technologies retirent plus de carbone qu’il n’est émis par les humains, sans en abuser.

Les NETs : comment ça marche

Il existe déjà plusieurs NETs aujourd’hui, mais la plus avancée est BECCS (« Bioénergie avec Capture de Carbone et Stockage »). Le concept : planter et moissonner des plantes à croissance rapide qui absorberont le carbone, et qui seront ensuite brûlées pour générer de l’énergie (chaleur, électricité, combustibles organiques …). L’échappement de carbone sera capturé et stocké sous terre.

Une division chez les scientifiques 

Comme la plupart des nouvelles technologies, les NETs créent des oppositions chez les chercheurs. Certains les voient comme une solution révolutionnaire et nécessaire. En effet, BECCS est un principe relativement peu coûteux, et réalisable. Elle utilise deux principes déjà mis en œuvre sur Terre : la bioénergie et la capture et stockage du carbone. De plus, certains chercheurs estiment qu’il existe sur Terre une zone d’au moins la taille de l’Inde qui serait libre pour appliquer les NETs, ce qui permettrait d’extraire jusqu’à un trillion de tonnes de CO2 de l’atmosphère avant la fin du siècle, et approvisionnerait le globe avec un tiers de ses besoins en énergie.

Tout cela est-il réellement faisable ?

Une étude de 6 millions de dollars a été lancée pour observer l’impact de BECCS en l’extirpant d’un monde utopique. Plusieurs problèmes se dessinent alors, le premier étant l’utilisation d’eau. BECCS détournerait d’importantes quantités d’eau qui auraient pu être dirigées vers les récoltes agricoles nécessaire à notre alimentation. De plus, cette solution demande d’importantes zones de plantation, qui sont certes disponibles aujourd’hui, mais ne le seront plus dans peu de temps, car il faut nourrir une population mondiale qui ne fait qu’augmenter. Puis vient la perturbation des écosystèmes. En effet, certaines espèces d’animaux perdent déjà du terrain avec la déforestation liée à l’agriculture, BECCS ne ferait qu’empirer le problème. Enfin, la demande croissante en bioénergie causerait le déplacement des champs d’agriculture, ce qui augmenterait le prix de notre nourriture.

Avons-nous un choix ?

Même si les NETs relèvent presque de la fantaisie, c’est une des seules solutions qui nous restent pour remédier au problème du réchauffement climatique, d’autant plus que le temps nous manque. Toutefois, certains préconisent de continuer à protéger des forêts pour stocker le CO2, ou adopter le principe de fermes sans labour. Mais est-ce suffisant, où est-il primordial d’utiliser les NETs, technologie qui reste perfectible ?

Sources :

Science

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