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L’oganesson : l’atome qui valait des milliards

L’oganesson, plus connu sous le nom de “élément 118”, ou ununoctium pour les intimes, est l’élément chimique de numéro atomique 118 et de symbole Og. Du nom de son découvreur, Iouri Oganessian, un scientifique russe spécialisé dans la physique nucléaire, l’oganesson est actuellement l’élément chimique ayant la masse la plus élevée, avec ses 118 protons. Il a été synthétisé pour la première fois en 2002. Celui-ci se situe dans la continuité des gaz nobles, bien qu’il semble se comporter différemment de ces derniers.

 

oganesson structure électronique
Structure électronique de l’Oganesson

Aussi dur à comprendre qu’à produire

Outre le fait que cet élément vienne s’ajouter au tableau périodique en tant que dernier élément, l’oganesson comporte plusieurs caractéristiques étonnantes. En effet, bien qu’appartenant à la catégorie des gaz nobles, il se comporte différemment de ceux-ci sur certains points, dont le fait qu’il pourrait interagir avec d’autres atomes en échangeant des électrons (ce que les gazs nobles ne sont pas très enclins à faire).

Plusieurs facteurs compliquent l’observation de l’oganesson. Premièrement, celui-ci étant très instable, sa durée de demi-vie n’excède pas le millième de seconde. Vient ensuite le fait qu’il est extrêmement difficile à produire. Pour obtenir cet élément, l’équipe de Iouri Oganessian a bombardé quelques 2,5 × 1019 ions calcium 48 sur une durée de 4 mois sur une cible de californium, afin d’obtenir… 3 atomes d’oganesson.

Bien évidemment, l’ununoctium n’est pas trouvable naturellement et la complexité du mode opératoire permettant de l’obtenir, qui plus est en très faible quantités, font que ses propriétés chimiques restent encore inconnues, les seules observations réalisées à ce sujet provenant de simulations.

Un matériau bon marché

Bien qu’il soit impossible, de part le fait qu’il se dégrade quasi instantanément et également par la complexité de sa production, d’obtenir une quantité d’oganesson observable à l’œil nu, des internautes se sont amusés à calculer – de manière très approximative – le coût de production d’1kg de cette matière. Le résultat en fait l’élément le plus cher de l’histoire, aux alentours de 4,000,000,000,000,000,000,000,000$ le kg. Autrement dit, il faudra plus qu’un prêt à la consommation pour se fournir en élément 118, ce prix étant justifié par le fait que des mois de recherches n’ont permis d’en produire que seulement 3 atomes.

Vient la question qui fâche, à quoi peut bien servir cet élément? Une question à laquelle la science n’est malheureusement pas prête de répondre.

Sources :

Chemicool

Futura Sciences

BestOf.one

Nature

APS Physics

Webelements

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