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Comment gérer notre eau durablement ?

Les Nations Unies ont l’ambitieux projet d’améliorer leur gestion de l’eau et des services qui y sont liés d’ici à 2030 pour la modique somme de 114 milliards d’euro (par an…). Un investissement de cette importance ne peut être espéré qu’en sensibilisant toute la population à la « valeur » de l’eau. En effet, cela ne fait qu’une dizaine d’années que l’on reconnait l’impact de notre pollution sur la qualité de l’eau.

Il ne faut pas donc voir cette première estimation de budget comme un chiffre donné de manière irraisonnée, mais plutôt comme une opportunité pour nous tous de mieux gérer ce bien commun qu’est l’eau.

Les 4 étapes d’une gestion raisonnée de l’eau

Une étude publiée dans la revue Science par Dustin E. Garrick nous propose 4 étapes permettant de gérer l’eau au mieux.

1) Mesurer 

La première étape consistant à mesurer un bon nombre d’indicateur sur l’eau est en passe d’être remplie. En effet, jusqu’à peu il existait énormément de lacunes dans notre réseau d’information autour de l’eau. Cependant, l’arrivée de nouvelles technologies plus performantes et moins chères est en passe de changer la donne. Il était temps ! La conséquence de cette absence de donnée concernant l’eau (et notamment des fuites qui y sont liés) provoquait une perte de 32 milliards de mètres cube d’eau par an dans les réseaux urbains. Rappelons qu’il s’agit d’eau perdue par les réseaux mais qu’elle finit par y revenir (ce n’est pas de l’eau qui disparaît vraiment).

2) Valoriser l’eau

Il est très difficile mais néanmoins nécessaire d’attribuer une vraie « valeur » à l’eau. L’illusion induite par nos robinets d’une eau infinie doit disparaître. En 30 ans, ces valeurs ont beaucoup évolué et on commence aujourd’hui à voir une certaine forme de valeur écologique et sociale être attribuée à l’eau. Ces valeurs sont importantes car elles permettent de donner de l’importance à la gestion de l’eau. Celle-ci commence d’ailleurs à être reconnue comme un bien commun, public, la rendant de ce fait gratuite. Comme l’air, en somme. De plus certains procédés utilisant de l’eau de manière irraisonnée pourraient disparaître si plus de valeurs était attribuée à l’eau. Comme par exemple la fracturation hydraulique.

3) Prendre des décisions 

De la même manière que la première étape, cette troisième devient de moins en moins un problème car les conflits d’intérêt autour de la gestion de l’eau finissent par se régler tant la situation devient critique. On pourrait notamment penser à la pénurie d’eau au Cap en Afrique du Sud. Après des altercations pour conserver la main mise sur l’eau, les habitants ont, avec l’aide de la mairie et de la police, instauré un système équitable de partage de l’eau. C’est une assez belle histoire mais rappelons que Le Cap souffre encore de la sécheresse et que cette métropole (la deuxième plus grande ville d’Afrique du Sud) pourrait être la première à faire face à une totale pénurie d’eau.

4) Gouverner 

Gérer notre eau nécessite d’avoir des institutions capables de le faire. On parle ici bien évidemment d’institutions ayant le pouvoir et la légitimité d’agir. Les décisions prises à l’étapes 3 doivent être appliquées par une sorte de comité public.

Ainsi, le défi de la gestion de l’eau est complexe et multiple. Pour le réussir dans les règles, il ne faut pas négliger d’acteurs et arriver à s’entendre tous ensemble. Et surtout, il ne nous faudra pas attendre d’être au dos du mur. Cela risque d’être la partie la plus difficile.

Sources :

Science

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