abandon programme Sciences & Environnement Actualités

Étudier – Mesurer – Abandonner – Échouer

On ne peut pas contrôler ce qu’on ne peut pas mesurer. Cet adage parait absolument évident mais ça n’a pas empêcher l’administration Trump de « tuer » le programme d’étude des émissions de carbone de la NASA.

 

Un programme pourtant indispensable

Le CMS (Carbon Monitoring System en anglais) avait pour but d’analyser les émissions de carbone planétaire à l’aide des données de différents satellites. Ceci aurait servi, au final, à créer des modèles de plus en plus précis des flux de CO2 dans notre atmosphère. Notons que le budget de ce programme n’était « que » de 10 millions de dollars par an.

Mais ce programme avait également pour but de vérifier si les différents pays respectaient leurs engagements sur l’accord de Paris (une donnée quand même plutôt intéressante). La ligne directrice de l’administration Trump est donc bien suivie. Pourquoi donc aider d’autres pays à comprendre leurs émissions de CO2 ?

 

Des accomplissements impressionnants

Le CMS à d’ailleurs beaucoup aidé à comprendre les flux de carbone en ce qui concerne les forêts. Il avait noué beaucoup de partenariat afin de mieux traiter les données et de décrire la réalité des choses. Notamment avec le service forestier américain. Ils ont par exemple pu créer un avion équipé d’un laser permettant d’évaluer finement les stocks de carbone des forêts et leur émissions/réceptions. Cette technique est une variante de la spectrographie.

Le coté incroyablement positif de cette technique est qu’elle réduit drastiquement les coûts de l’étude de ces flux de carbone. Le programme à également aidé à l’inventaire de bon nombre de forêts équatoriales. Tous les acteurs forestiers sont attristés par l’abandon de ce programme car il permettait d’avoir des données en temps quasi-réel et à moindre coût. Ils vont devenir moins efficace dans la traque des changement locaux des cycles du carbone.

Ce n’est bien évidemment pas la fin de ce type de recherches, cependant les meneurs dans ce domaine ne seront plus les Etats-Unis mais bien l’Europe, qui a déja un satellite d’étude d’émissions de carbone.  L’ESA ayant prévue d’en envoyer encore plus.

Le plus dommage est que personne n’a écouté les chercheurs dans cette affaire. Pourtant ils sont unanimes sur la question : « Abandonner ce programme revient à se tirer une balle dans le pied. »

Source

Science

Japon centrale à charbon Sciences & Environnement Actualités

Le Japon : mauvais élève énergétique

Le monde entier est peu à peu en train de réduire sa consommation de charbon en tant que source d’énergie. De nouvelles alternatives écologiques émergent et celles-ci sont de plus en plus rentables. Cependant, le Japon ne suit pas cette tendance. Celui-ci à déjà ouvert 8 nouvelles centrales à charbon ces 2 dernières années, et prévoit d’en ouvrir 36 autres sur les 10 prochaines années.

Le gouvernement Japonais à d’ailleurs changé son plan énergétique. Celui-ci est passé d’une réduction de 26% de la consommation de charbon d’ici 2030 à une augmentation de cette dernière. Cette augmentation permettant d’atteindre 26% de l’énergie nationale produite à partir de charbon.

Pourquoi un tel revirement ?

Ce revirement est principalement dû à la catastrophe de Fukushima, qui a entraîné une perte de confiance et de financement dans le nucléaire (le Japon étant maintenant traumatisé par cette énergie). Les critiques dénoncent également un échec de la politique d’un gouvernement sauhaitant favoriser les énergies renouvelables. Le Japon représentant 4% des émissions de gaz à effet de serre mondiales, c’est là une véritable rupture par rapport à 2010, où le ministre de l’économie avait prévu de réduire de moitié la consommation de charbon sur 20 ans (qui s’élevait alors à 25%).

Mais ce même ministre comptait alors sur la progression de la part du nucléaire dans la production d’énergie. La part du nucléaire devait passer de 29% en 2010 à 50% en 2030.

Finalement le bilan énergétique que le Japon se dessine pour le futur n’est pas basé sur les énergies renouvelables. Il est prévu que d’ici à 2030, la part du renouvelable passe de 22% à 24%, une très (trop) légère augmentation, donc. Mais à coté de cela, les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) compteraient pour 56% de la production d’électricité. Le reste étant du nucléaire.

 

Des objectifs qui risquent de ne pas être atteint

Avec un tel revirement de situation, le Japon risque de ne pas atteindre ses objectifs. Il était prévu une réduction de 26% des émissions par rapport à 2013 en 2030 et 80% en 2050.

Cependant le Japon n’abandonne par pour autant. Leur technologie de centrale à charbon est très avancée et performante. Certaines sont équipées de systèmes capturant le carbone émis. Une de leurs centrales est d’ailleurs une des plus performantes au monde. Elle à un rendement atteignant 45% alors qu’une centrale conventionnelle se situe plutôt dans les 30-35%.

Il en résulte que les centrales japonaises ont le plus bas taux d’émission par unité d’énergie (source : L’agence International de L’énergie). Le principal gros défaut étant évidemment le coût.

Ce coût est une des raisons qui à entraîné la baisse drastique des investissements dans les énergies renouvelables, et notamment dans le secteur de l’énergie solaire. Cette baisse était de 32% l’année dernière.

Le ministre des affaires étrangères, Taro Kono, le dit lui-même : « Aujourd’hui, la situation de notre secteur de l’énergie solaire ne peut être décrit que comme lamentable ».

 

Source :

Science : Bucking global trends, Japan again embraces coal power

 

Glace Sciences & Environnement Actualités

Quand les nations privilégient la science au profit de…

L’arctique est une région convoitée par certaines entreprises pour ses ressources : elle est riche en poisson. Cependant, les scientifiques connaissent mal cette région. Une interdiction historique de pêcher vient de leur laisser du temps afin de mieux comprendre le fonctionnement de cet écosystème dont la température de l’eau ne fait qu’augmenter.

 

Une alliance historique

L’Union européenne ainsi que 9 nations viennent de mettre en place un accord permettant de protéger le centre de l’océan arctique des compagnies de pêche pour les 16 prochaines années.

Les scientifiques vont ainsi avoir le temps de comprendre comment fonctionne l’écologie marine de cet écosystème ainsi que ses réactions face à la montée des températures. Cette alliance est la première de son genre comme le rappelle Scott Highleyman (1) : « Il n’y a aucune autre zone de haute mer où nous avons décidé de faire la science en premier lieu ». La glace n’a même pas encore fondu que l’on protège déjà cette zone de la pêche intensive.

Les efforts des scientifiques ont porté leurs fruits

Cette initiative de protection de la surpêche ne vient évidemment pas des gouvernements qui ont accepté une telle régulation. La proposition vient des 2000 scientifiques qui, en 2012, ont demandé une protection afin d’éviter la catastrophe. Dès 2015 cinq nations de l’arctique avaient promis d’empêcher l’accès à cette zone pour leurs propres bateaux de pêche. Puis les autres nations ont fini par rejoindre l’accord, celles-ci préférant attendre les résultats des études scientifiques avant d’entreprendre l’exploitation commercial de la zone.

Ainsi un cercle vertueux se crée. Les pays veulent évidemment exploiter commercialement la zone mais cela n’étant pas possible avant d’avoir recueilli suffisamment de données scientifiques, de gros moyens financiers sont mis en place afin d’accompagner les scientifiques dans leurs recherches. De cette manière, un but commercial peut quand même avoir de bonnes répercutions et engranger un mouvement d’investissement dans la recherche, mouvement plus que nécessaire. Comme le dis très bien Peter Harisson (2) : « Si vous dites que la pêche commerciale n’aura pas lieu tant que la science suffisante soit présente, la science jouera un rôle très significatif ».

(1) Vice-président de des politiques de conservation à l’université de Washington DC

(2) Expert en règlementation sur l’arctique et la pêche à l’université Queen’s de Kingston

Sources :

Science

Humanité Biodiversité

Rapport du Sénat

S&A

or Sciences & Environnement Actualités

Le minage d’or menace les écosystèmes colombiens

Les tropiques en Amérique concentrent 10% des espèces (animales et végétales) sur Terre ainsi que de nombreuses zones très importantes à conserver. De plus, ces écosystèmes fournissent de l’eau à des millions de personnes. Le problème est que ceux-ci abritent également des ressources minières très importantes et intéressantes, notamment en or.

Des écosystèmes fragiles

Ces milieux si riches en biodiversité sont également très fragiles et très difficiles à restaurer à cause de leur grande ancienneté. Ils sont très sensibles aux perturbations de leur environnement. Perturbations qui risquent d’arriver assez vite étant donné qu’une compagnie de minage d’or compte exploiter les gisements au niveau des montagnes colombiennes. Ceci pourrait avoir de graves conséquences, vu que l’extraction d’or est une des pratiques minières les plus destructives et les plus polluantes. Heureusement, à l’heure actuelle, il ne s’agit que d’un projet. Rien n’est encore décidé.

D’autres mines

Les compagnies minières ont cependant d’autres projets bien plus concrets et en phase de réalisation. Le plus impressionnant est celui de Santurban en Colombie. Le projet est de construire une des plus grandes mines souterraines du monde. L’objectif étant l’extraction de 255 000 kilogrammes d’or en 20 ans.

Une étude de terrain a été faite afin d’estimer les conséquences d’une telle entreprise. Le résultat est plutôt attendu : une menace d’extinction pour la flore et la faune endémique à cet endroit. En Amérique Latine, d’autres projets similaires ont eu lieu et les résultats sont un impact très négatif sur l’agriculture et sur la qualité de l’eau et de l’air environnante. Ces dommages ayant eux même causé d’importants (et violents) conflits sociaux.

Heureusement, de récentes lois environnementales en Colombie permettent de mieux protéger de tels écosystèmes. Mais toutes les zones ne sont pas encore protégées (ni protégeables judiciairement parlant) et sont donc véritablement menacées par leur propre richesse minière.

Bonus :

Saviez-vous que les deux plus grandes compagnies de minage d’or ne sont pas américaines ? Il s’agit de Goldcorp et Barrock Gold qui ont toutes les deux leurs bases au Canada. En fait, 5 des 10 plus grandes compagnies de minage d’or sont Canadienne.

Sources : 

Science

WWF

WRM

oganesson Sciences & Environnement Actualités

L’oganesson : l’atome qui valait des milliards

L’oganesson, plus connu sous le nom de “élément 118”, ou ununoctium pour les intimes, est l’élément chimique de numéro atomique 118 et de symbole Og. Du nom de son découvreur, Iouri Oganessian, un scientifique russe spécialisé dans la physique nucléaire, l’oganesson est actuellement l’élément chimique ayant la masse la plus élevée, avec ses 118 protons. Il a été synthétisé pour la première fois en 2002. Celui-ci se situe dans la continuité des gaz nobles, bien qu’il semble se comporter différemment de ces derniers.

 

oganesson structure électronique
Structure électronique de l’Oganesson

Aussi dur à comprendre qu’à produire

Outre le fait que cet élément vienne s’ajouter au tableau périodique en tant que dernier élément, l’oganesson comporte plusieurs caractéristiques étonnantes. En effet, bien qu’appartenant à la catégorie des gaz nobles, il se comporte différemment de ceux-ci sur certains points, dont le fait qu’il pourrait interagir avec d’autres atomes en échangeant des électrons (ce que les gazs nobles ne sont pas très enclins à faire).

Plusieurs facteurs compliquent l’observation de l’oganesson. Premièrement, celui-ci étant très instable, sa durée de demi-vie n’excède pas le millième de seconde. Vient ensuite le fait qu’il est extrêmement difficile à produire. Pour obtenir cet élément, l’équipe de Iouri Oganessian a bombardé quelques 2,5 × 1019 ions calcium 48 sur une durée de 4 mois sur une cible de californium, afin d’obtenir… 3 atomes d’oganesson.

Bien évidemment, l’ununoctium n’est pas trouvable naturellement et la complexité du mode opératoire permettant de l’obtenir, qui plus est en très faible quantités, font que ses propriétés chimiques restent encore inconnues, les seules observations réalisées à ce sujet provenant de simulations.

Un matériau bon marché

Bien qu’il soit impossible, de part le fait qu’il se dégrade quasi instantanément et également par la complexité de sa production, d’obtenir une quantité d’oganesson observable à l’œil nu, des internautes se sont amusés à calculer – de manière très approximative – le coût de production d’1kg de cette matière. Le résultat en fait l’élément le plus cher de l’histoire, aux alentours de 4,000,000,000,000,000,000,000,000$ le kg. Autrement dit, il faudra plus qu’un prêt à la consommation pour se fournir en élément 118, ce prix étant justifié par le fait que des mois de recherches n’ont permis d’en produire que seulement 3 atomes.

Vient la question qui fâche, à quoi peut bien servir cet élément? Une question à laquelle la science n’est malheureusement pas prête de répondre.

Sources :

Chemicool

Futura Sciences

BestOf.one

Nature

APS Physics

Webelements

ARMES Sciences & Environnement Actualités

Les lois sur les armes intimement liées à la…

Les lois sur le port des armes sont au cœur du débat publique, notamment à cause des multiples tueries aux Etats-Unis. La législation très restreinte des armes aux Etats-Unis a par exemple permis à la tragique tuerie de l’école à Parkland d’avoir lieu. La Floride à été bouleversée par ce massacre et cela à relancé le débat sur le contrôle et la réglementation des armes.

La législation a besoin de la recherche pour évoluer dans le bon sens

Le problème principal s’opposant à une législation est que le droit de posséder une arme est inscrit dans la constitutions des USA (le fameux second amendement). De plus, il n’y a que peu d’études scientifiques pouvant aider à trouver quelle réglementation serait la plus efficace.

Cependant, des analyses des différentes lois sur la réglementation des armes aux Etats-Unis ont été effectuées. Celles-ci ont conclu que le meilleur moyen de gérer les armes est de stimuler l’investigation scientifique à ce sujet. L’intuition se révèle en effet plutôt mauvaise pour obtenir des lois efficaces. On pourrait penser qu’interdire l’accès aux armes uniquement aux personnes souffrant de maladies psychologiques (des personnes à risque donc) serait une bonne idée,  pourtant, une étude scientifique a prouvé qu’il n’existe aucune corrélation entre cette loi et une baisse du risque de tuerie.

On peut regretter que l’étude n’ait pas cherché à aller plus loin, mais il s’agit déjà d’un début de preuve : l’intuition ne suffit pas à faire une bonne réglementation. Il faut y rajouter la recherche.

Un objectif  semé d’obstacle

En 2013, à la suite de la fusillade de l’école élémentaire Sandy Hook, Barack Obama lance une série d’ordres exécutifs ayant pour but de stimuler la recherche autour de la législation des armes. Cependant, le congrès s’opposant à la plupart des propositions faites autour de cette législation, il a été décidé en 2017, sous l’administration Trump, d’arrêter ce programme et de financer d’autres recherches plus « prioritaires ».

Les évolutions autour de ce débat se font lentement mais les mentalités changent peu à peu. Des financements pour d’autres recherches sont annoncés, notamment pour une étude voulant estimer l’impact sociétal de l’augmentation de l’âge minimum pour acheter une arme (en le passant à 21 ans).

La science est indispensable si l’on veut éviter d’inventer des lois basées sur notre propre intuition. On utilise depuis toujours la science comme moyen d’améliorer notre conception sociétal et politique. Celle-ci nous aide à régler les problèmes graves de la société. 

Il serait peut-être temps de considérer le débat sur les armes à feu comme un vrai problème de société. La science, comme souvent, est le moyen le plus sûr de régler nos problèmes.

Sources :

Science

condition des cobayes Sciences & Environnement Actualités

The Happiness Project ou le débat sur la condition…

A une époque où nous nous préoccupons de plus en plus du bien être des animaux et où des particuliers sont prêts à dépenser de grosses sommes d’argent pour le confort de leurs amis à quatre pattes, l’expérimentation scientifique sur animaux fait débat. En effet, lorsque nous pensons cobayes de laboratoires, nous imaginons des petites cages individuelles et vide dans un sous-sol mal éclairé, mais est-ce toujours le cas ?

L’évolution de la condition des cobayes

L’élevages de rats de laboratoire à débuté dans les années 1800, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils étaient à l’époque plutôt bien traités. Leurs cages disposaient de roues et ils pouvaient creuser des terriers. C’est à la fin des années 1950 que les choses ont changé. Les scientifiques ont commencé à développer la théorie selon laquelle moins il y a de variables à prendre en compte, plus les expériences sont fiables. Ils ont alors arrêté de prendre en compte l’habitat naturel des animaux et ont standardisé leurs environnements. De nos jours, les souris de laboratoires vivent dans des cages de la taille de boites à chaussures et ne peuvent ni creuser ni se tenir debout.

Une remise en question

Ce mode de vie à commencé à être critiqué lorsque les scientifiques se sont rendu compte que les souris de laboratoires tendaient à être obèses, à avoir un système immunitaire très faible et à développer des cancers, et cela avant même qu’aucune expérience ne soit réalisée. Dans les années 60, des scientifiques ont démontré que des souris qui disposaient de roues et de labyrinthes dans leurs cages développaient de plus grandes régions sensorielles de leur cerveau. Cependant, les seuls enclos à être améliorés à l’époque sont ceux des primates, laissant les rats et autres souris dans leurs petites boites à chaussures.

Puis, en 2000, un neuroscientifique du nom de Anthony Hannan de l’université de Melbourne à fait faire un grand pas à la recherche en matière d’environnement pour les souris de laboratoire. Il a prouvé qu’en donnant aux souris de quoi faire des nids, des balles pour jouer et des échelles auxquelles grimper, elles mettaient beaucoup plus de temps à développer la maladie de Huntington (dégénérescence neurologique). Il est le premier à démontrer que l’environnement influence la progression des maladies neurologique.

De nouvelles expérimentations

Depuis, de nombreuses découvertes et expériences ont été faites, liant conditions de vie et vitesse de développement de certaines maladies.

Par exemple, en 2010, Lei Cao a créé un véritable « Disneyland pour souris ». Il a été capable de démontrer que lorsque les souris qui y vivaient se voyaient injecter des cellules cancéreuses, elles développaient des tumeurs 80% plus petites que celles qui n’y vivaient pas. Encore plus étonnant , certaines ne développaient pas de tumeur du tout. Cao est allé plus loin en démontrant qu’un environnement stimulant activait l’hypothalamus, partie du cerveau qui régule les hormones et qui affecte notamment l’humeur et la vitesse de prolifération d’un cancer. « On ne peut pas se contenter de traiter le corps, il faut aussi traiter l’esprit » déclare Lei Cao.

De plus, il a été démontré que donner aux souris des jouets, des exercices et des compagnons réduit leur prédisposition à développer de l’épilepsie, la sclérose en plaque ou encore une addiction.

Un coût énorme pour une certitude moindre

Cependant, ces théories ont leurs détracteurs. Tout d’abord, agrandir et améliorer les enclos des souris a un coût non négligeable. Par exemple, l’université British Columbia de Vancouver possède 49 000 cages à souris, une augmentation du prix de celles-ci ne serait-ce que d’un ou deux dollars serait un budget énorme auquel seuls très peu de laboratoires à travers le monde pourraient faire face. Au-delà du coût primaire de ces installations, elles mettent environ 10 fois plus de temps à être nettoyées, ce qui augmente leur coût journalier.

De plus, certains remettent en cause l’exactitude des résultats scientifiques que nous pouvons observer avec des souris dans des environnements très riche. Le sociologue Québécois Jaques T. Godbout explique que plus il y a de variables dans une expérience, moins on peut être sûr de son issue. En effet, si on souhaite tester un remède contre l’épilepsie et que la souris fait de l’exercice sur une roue tous les jours, comment peut-on être sûrs qui du remède ou de l’exercice améliore l’état de santé du rat ?

Pour le moment aucun consensus scientifique n’a donc eu lieu autour de l’environnement dans lequel évolue les souris de laboratoires. Cependant, le sujet préoccupe de plus en plus les scientifiques. En 2016, plus de 160 articles ont été publiés sur le bien être des souris de laboratoires contre seulement quelques-uns au début du siècle. Nous assistons donc peut-être au début d’une nouvelle ère pour ces animaux qui, sans le savoir, donnent leurs vies pour sauver les nôtres.

Source :

 Science

transports allemagne Sciences & Environnement Actualités

Des transports publics bientôt gratuits en Allemagne ?

Une lettre envoyée au commissaire européen pour l’environnement (Karmenu Vella) propose la création de transports public gratuits dans certaines villes les plus polluées d’Allemagne. Le but est bien évidemment de favoriser leur utilisation plutôt que celle des nombreuses voitures personnelles.

Des transports publics à la charge du contribuable

Evidemment, ce n’est pas l’unique but de ce projet proposé par la ministre de l’environnement Barbara Hendricks, le ministre des Transports Christian Schmidt et le directeur de la chancellerie fédérale Peter Altmaier. Le second but est d’éviter les sanctions de la commission européenne. En effet l’Allemagne a déjà été menacée à plusieurs reprises à cause des excès de rejet polluants dans plusieurs de ses villes.

Les villes allemandes concernées sont Bonn, Essen, Herrenberg, Reutlingen et Mannheim. Ce projet fait extrêmement plaisir à voir cependant nous pouvons émettre une remarque : quelqu’un va bien devoir payer ces transports « gratuits ». Comme cela ne sera pas les consommateurs, la charge reviendra donc au contribuable.

Une mauvaise communication à la tête de l’Allemagne ?

Le plus surprenant dans ce projet est le manque de communication à l’intérieur du pouvoir Allemand. En effet, les ministres ont affirmé que les mesures proposées ont été décidées en accord avec les Länder (ce sont les « régions » allemandes) mais le président du Conseil des villes allemandes (Helmut Dedy) s’est dit « surpris » concernant cette proposition.

De la même manière, les transports publiques en Allemagne sont en général gérés par les villes qui en sont propriétaires mais Helmut Dedy à assuré qu’il appartiendrait aux autorités fédérales de financer ces mesures.

En somme, cette idée est très bonne et il faut encourager de telles mesures. Surtout que celle-ci s’inscrit bien dans le contexte actuel ou l’Allemagne se bat avec ses émissions et différents scandales. Espérons simplement qu’il ne s’agisse pas d’un écran de fumée visant à échapper à Bruxelles.

Petit Bonus

Nous vous mettons en lien une carte dynamique de la qualité de l’air en Europe. Celle-ci à été faite par l’agence européenne pour l’environnement.

Carte de qualité de l’air

Sources

Telegraph, Le Parisien, Der Spiegel, World Economic Forum

La Chine et son armée de reforestation Sciences & Environnement Actualités

La Chine déploie son armée pour planter des arbres

La volonté de la Chine de lutter contre la pollution de l’air est telle qu’elle vient de réassigner 60 000 de ses soldats à un nouvel objectif : créer la plus grande foret artificielle du monde.

La Chine et sa « muraille verte » 

La Chine ambitionne un plan massif de reforestation depuis 5 ans. En effet, celle-ci a  déjà planté 33.8 millions d’hectares de forêt. Nombre qui devrait encore augmenter de 6.66 million d’hectares cette année, notamment grâce à l’intervention de l’armée de « Terre ». Cela correspond à un petit peu moins que la superficie de l’Irlande plantée en 1 an.

Le pays souhaite faire passer son pourcentage de zone boisée de 21.7% en 2016 à 23% en 2020. Une augmentation à la fois rapide et nécessaire, la Chine souffrant déjà énormément de la pollution de l’air.

On peut comparer cette progression à celle dans le monde, mettant ainsi en relief cette bonne nouvelle. En effet la superficie forestière mondiale ne fait que chuter depuis les années 1990. 

La nécessité de cette « muraille verte » vient aussi de l’expansion du désert de Gobi. Celle-ci étant de 3000 km2 par an depuis le plan de déforestation massif voulu part Mao dès 1958. Les ambition du gouvernement chinois sont de créer d’ici 2050 la plus grande forêt artificielle du monde.

D’après le média Asia Times, les soldats prennent la direction de la province de Hebei, extrêmement polluée à cause de l’industrie intensive présente sur place.

L’armée ?

On peux se demander pourquoi avoir envoyé l’armée pour une telle tâche. Cela s’inscrit en fait dans le plan de licenciement de 300 000 soldats chinois décidé par pékin en 2015. En plus de ces licenciements, une partie de l’armée à été réaffectée à des tâches non militaire comme la plantation d’arbres ou même la construction d’infrastructure.

La Chine semble donc privilégier l’écologie au militaire. On ne peux qu’espérer qu’elle continue sur cette lancée.

Sources : 

World Economic Forum

World Bank

Pôle Sud de la Lune Sciences & Environnement Actualités

L’inde part à la conquête de la Lune

Dans l’éternelle conquête spatiale, la Lune commence à devenir un enjeu majeur, aussi bien en termes de prospection de matériaux que d’étude pour de futures colonies. C’est dans cette optique que, cet été, un vaisseau Indien va orbiter autour de la Lune et relâcher un atterrisseur.

Celui-ci doit atterrir sur une plaine à 600 km du pôle sud de la Lune.

Ensuite, il relâchera à son tour un Rover qui explorera donc un endroit très peu visité. Tous les autres vaisseaux lunaires ayant atterri près de l’équateur, zone bien plus accessible.

Voici l’ambition actuelle du programme spatiale Indien, qui voit encore plus loin en cas de réussite. Pour revenir à cette mission, son intérêt n’est pas uniquement de prouver que l’Inde a les technologies nécessaires. Il s’agit également de faire de la prospection de ressources.

La Lune et ses ressources

En effet, le Rover sera bardé de tout un tas d’instruments, notamment pour chercher de l’hélium 3, isotope de l’hélium. Il s’agit d’un carburant potentiel pour de futurs réacteurs à fusion nucléaire. Rappelons que l’Inde à été la première à découvrir de l’eau sur la Lune en 2009. Avant ces preuves, beaucoup de scientifiques pensaient qu’il n’y en avait tout simplement pas.

La mission à également pour but l’implémentation de plusieurs capteurs sismiques, venant compléter ceux des missions Apollo. Il ne manque que peu de données aux scientifiques pour comprendre ce qui compose l’intérieur de la Lune. Si la mission est un succès, elle les apportera.

Les détails de la mission

Cette mission de 150 millions de dollars aurait dû partir il y a de cela 3 ans, mais l’atterrisseur (produit initialement par la Russie) n’a pas été concluant. L’Inde affronte donc ce défi seule. Car atterrir si loin de l’équateur est plutôt risqué et très difficile. Très peu de lumière solaire parvient à ces zones, et il convient donc de gérer avec parcimonie tout le carburant et toute l’énergie du véhicule, l’utilisation de panneaux solaire étant peu rentable.

Le Rover est par exemple très léger, seulement 25 kg (rappelons que Curiosity, Rover martien, pèse 900 kg). Il emportera également 2 spectromètres pour analyser la composition de la Lune. La zone est en effet très intéressante, celle-ci étant composée de roches vieilles de plus de 4 milliards d’années et résultant de la solidification du magma qui couvrait la Lune nouvellement formée. C’est une zone très peu soumise au bombardement d’astéroïdes car très proche du pôle Sud.

Plus de détails sur sa composition en eau

La communauté scientifique est évidemment impatiente d’obtenir toutes ces données, mais encore plus celle concernant l’eau. En effet c’est au niveau des pôles que la concentration en eau est la plus importante. Le fait de connaitre précisément où et combien d’eau il y a sur la Lune est une donnée essentielle à d’hypothétiques bases lunaires.

Un atterrissage réussi serait néanmoins et surtout un grand accomplissement pour l’inde. Un moyen de faire rayonner l’image du pays à travers le monde comme une puissance scientifique et spatiale.