Le sable en Asie Sciences & Environnement Environnement

Le sable en Asie, un problème global

Partout en Asie, une économie parallèle ne cesse de se développer : le trafic de sable. En Inde par exemple, alors que la dégradation des côtes est interdite, on peut apercevoir de nombreuses embarcations clandestines flotter sur la mer arabique. Ces barques en bois, de jeunes hommes les remplissent de sable pour ensuite le revendre, entre autres, aux producteurs de ciment. La loi régissant la protection des littoraux n’est que très rarement appliquée et les lobbys sont plus fort. C’est ainsi que Sumaira Abdulali, un environnementaliste Indien,  a été tabassé après avoir été confronté à ceux que l’on appelle les « mineurs de sable ».

Cette extraction excessive est poussée par l’urbanisation massive que subit l’Asie depuis plusieurs dizaines d’années. Malheureusement, cette ressource, bien qu’immense, est loin d’être infinie, et son extraction, loin d’être sans risques.

Un enjeu environnemental

Evidemment, cette exploitation est loin d’être bénéfique pour l’environnement. En effet, l’extraction illégale et mal régulée de sable a déjà été liée à une raréfaction de la faune et de la flore animale en Indonésie et à la disparition du dauphin du Gange. En Chine, au lac de Poyang, des dizaines de millions de tonnes de sable sont prélevés chaque années, altérant l’hydrologie du plus grand lac du pays, étape sur la route de nombreux oiseaux migratoires. D’autres victimes de l’extraction du sable subiront bientôt le même sort que les dauphins du Gange si rien n’est fait pour améliorer la situation. Les tortues d’eau douce du sud-ouest d’Asie sont par exemple sur le déclin, et pour cause, il y a trois ans, plusieurs sites de pontes de ces tortues ont été complètement rasés.

Un lobby surpuissant

Cependant, l’industrie de la construction et l’urbanisation Asiatique sont plus puissants que les voix des environnementalistes. Entre 1994 et 2012 la production globale de ciment à triplé, passant de 1.37 milliards à 3.7 milliards de tonnes. Cette évolution exponentielle majoritairement engendrée par l’Asie engloutie de plus en plus de sable, conduisant à une demande toujours plus forte.

Nous pourrions alors nous demander pourquoi nous n’exploitons pas les déserts présents sur notre planète. La réponse est très simple : bien que nous disposions d’énormément de sable provenant des déserts, celui-ci n’est pas adapté à la production de ciment. En effet, ces grains sont bien trop fins et ne permettent pas d’obtenir des matériaux solides. De plus, pour le moment, les matériaux de construction ne sont pas recyclés, rendant inévitable l’extraction de quantités de plus en plus grande de sable.

Nous nous retrouvons donc dans une impasse. Aucune alternative au sable des rivières n’a jusqu’à présent été trouvée, et les gouvernements concernés par l’extraction intensive de sable ferment les yeux, privilégiant croissance à environnement. Faudra-t- il attendre l’extinction de centaines d’espèces et l’apparition de plages de terre pour enfin agir ?

Source :

Science « Asia’s hunger for sand takes toll on ecology »

condition des cobayes Sciences & Environnement Actualités

The Happiness Project ou le débat sur la condition…

A une époque où nous nous préoccupons de plus en plus du bien être des animaux et où des particuliers sont prêts à dépenser de grosses sommes d’argent pour le confort de leurs amis à quatre pattes, l’expérimentation scientifique sur animaux fait débat. En effet, lorsque nous pensons cobayes de laboratoires, nous imaginons des petites cages individuelles et vide dans un sous-sol mal éclairé, mais est-ce toujours le cas ?

L’évolution de la condition des cobayes

L’élevages de rats de laboratoire à débuté dans les années 1800, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils étaient à l’époque plutôt bien traités. Leurs cages disposaient de roues et ils pouvaient creuser des terriers. C’est à la fin des années 1950 que les choses ont changé. Les scientifiques ont commencé à développer la théorie selon laquelle moins il y a de variables à prendre en compte, plus les expériences sont fiables. Ils ont alors arrêté de prendre en compte l’habitat naturel des animaux et ont standardisé leurs environnements. De nos jours, les souris de laboratoires vivent dans des cages de la taille de boites à chaussures et ne peuvent ni creuser ni se tenir debout.

Une remise en question

Ce mode de vie à commencé à être critiqué lorsque les scientifiques se sont rendu compte que les souris de laboratoires tendaient à être obèses, à avoir un système immunitaire très faible et à développer des cancers, et cela avant même qu’aucune expérience ne soit réalisée. Dans les années 60, des scientifiques ont démontré que des souris qui disposaient de roues et de labyrinthes dans leurs cages développaient de plus grandes régions sensorielles de leur cerveau. Cependant, les seuls enclos à être améliorés à l’époque sont ceux des primates, laissant les rats et autres souris dans leurs petites boites à chaussures.

Puis, en 2000, un neuroscientifique du nom de Anthony Hannan de l’université de Melbourne à fait faire un grand pas à la recherche en matière d’environnement pour les souris de laboratoire. Il a prouvé qu’en donnant aux souris de quoi faire des nids, des balles pour jouer et des échelles auxquelles grimper, elles mettaient beaucoup plus de temps à développer la maladie de Huntington (dégénérescence neurologique). Il est le premier à démontrer que l’environnement influence la progression des maladies neurologique.

De nouvelles expérimentations

Depuis, de nombreuses découvertes et expériences ont été faites, liant conditions de vie et vitesse de développement de certaines maladies.

Par exemple, en 2010, Lei Cao a créé un véritable « Disneyland pour souris ». Il a été capable de démontrer que lorsque les souris qui y vivaient se voyaient injecter des cellules cancéreuses, elles développaient des tumeurs 80% plus petites que celles qui n’y vivaient pas. Encore plus étonnant , certaines ne développaient pas de tumeur du tout. Cao est allé plus loin en démontrant qu’un environnement stimulant activait l’hypothalamus, partie du cerveau qui régule les hormones et qui affecte notamment l’humeur et la vitesse de prolifération d’un cancer. « On ne peut pas se contenter de traiter le corps, il faut aussi traiter l’esprit » déclare Lei Cao.

De plus, il a été démontré que donner aux souris des jouets, des exercices et des compagnons réduit leur prédisposition à développer de l’épilepsie, la sclérose en plaque ou encore une addiction.

Un coût énorme pour une certitude moindre

Cependant, ces théories ont leurs détracteurs. Tout d’abord, agrandir et améliorer les enclos des souris a un coût non négligeable. Par exemple, l’université British Columbia de Vancouver possède 49 000 cages à souris, une augmentation du prix de celles-ci ne serait-ce que d’un ou deux dollars serait un budget énorme auquel seuls très peu de laboratoires à travers le monde pourraient faire face. Au-delà du coût primaire de ces installations, elles mettent environ 10 fois plus de temps à être nettoyées, ce qui augmente leur coût journalier.

De plus, certains remettent en cause l’exactitude des résultats scientifiques que nous pouvons observer avec des souris dans des environnements très riche. Le sociologue Québécois Jaques T. Godbout explique que plus il y a de variables dans une expérience, moins on peut être sûr de son issue. En effet, si on souhaite tester un remède contre l’épilepsie et que la souris fait de l’exercice sur une roue tous les jours, comment peut-on être sûrs qui du remède ou de l’exercice améliore l’état de santé du rat ?

Pour le moment aucun consensus scientifique n’a donc eu lieu autour de l’environnement dans lequel évolue les souris de laboratoires. Cependant, le sujet préoccupe de plus en plus les scientifiques. En 2016, plus de 160 articles ont été publiés sur le bien être des souris de laboratoires contre seulement quelques-uns au début du siècle. Nous assistons donc peut-être au début d’une nouvelle ère pour ces animaux qui, sans le savoir, donnent leurs vies pour sauver les nôtres.

Source :

 Science